CONSEIL RÉGIONAL DE LORRAINE

Séance Plénière des 20 et 21 décembre 2007

Discours du Président

Monsieur le Président

Je voudrais saluer ici le Président du Conseil Economique et Social, Monsieur Roger Cayzelle, nouvellement réélu. C’est un Président qui a déjà exercé ses responsabilités, avec lequel nous avons beaucoup travaillé en partenariat.

Je lui souhaite de poursuivre cette coopération que nous avons avec le Conseil Economique et Social et nous sommes probablement une des régions françaises, sinon la première, à entretenir des liens aussi étroits, considérant qu’il est légitime que notre assemblée prenne l’attache le plus souvent possible dans des réflexions partagées avec le Conseil Economique et Social de Lorraine qui est là pour ça.

Le Conseil Economique et Social de Lorraine s’adresse non seulement dans ses interventions à notre assemblée, mais également à l’ensemble des acteurs économiques, sociaux, culturels de la Lorraine. En tout cas, je pense que nous avons du travail à faire au service de la Lorraine.

Le budget 2008 : vous avez reçu le document budgétaire lui-même entendu. Je l’ai complété après par une introduction très politique et j’ai fait ce décalage parce que je ne voulais pas que le Conseil Economique et Social, qui est apolitique, dans le fond, discute de ce document introductif qui ne modifiait pas la tenue budgétaire des orientations et des décisions 2008, mais avait un contenu politique.

J’ai donc souhaité faire le point entre les engagements pris et que j’ai relevés des professions de foi, puisque ce sont les seuls éléments que l’ensemble des citoyens lorrains reçoit.

Au regard de ces engagements, j’ai indiqué les politiques qui avaient été mises en œuvre par la majorité actuelle du Conseil Régional, indiquant ainsi que la parole donnée avait été tenue dans tous les aspects sur lesquels nous nous étions engagés.

J’ai gardé les professions de foi, je peux même les remettre aux membres de l’opposition du Conseil Régional, s’ils les ont perdues, de façon à ce qu’ils puissent regarder, paragraphe par paragraphe, engagement par engagement, ce qui a été fait.

Un élément n’a pas été tenu, c’est la décentralisation du Conseil Régional dans les départements. Je l’ai dit et je l’ai écrit.

Le budget 2008, chers collègues, comme nous nous étions engagés à le faire lors du débat d'orientation budgétaire, maîtrise la fiscalité, 2 % d’augmentation de pression fiscale. Ce sera l’inflation, peut-être même en dessous de l’inflation eu égard aux chiffres des réalités économiques que nous rencontrons aujourd’hui. De sorte que nous pouvons affirmer et démontrer que les grandes orientations décidées en 2004 sont poursuivies.

La cohérence est maintenue. J’entends toujours ce débat, Claude Gaillard anime notamment souvent en disant " mais nous ne voyons pas la visibilité, nous ne voyons pas le sens des mesures que vous prenez ".

Bien sûr, ils ne veulent pas le voir. C’est normal, c’est leur rôle. Tout à l’heure, ils voteront le budget, alors ils seraient peut-être mis en difficultés si l’opposition votait le budget, ils auraient peut-être moins d’arguments à développer à l’extérieur.

Le sens de cette politique depuis le début est d’adapter la Lorraine et les Lorrains à la compétition économique, bien évidemment, c’est nécessaire, tout en maintenant le lien social qui fait référence au pacte républicain qui lie les citoyens pris individuellement avec le collectif chargé de maintenir, défendre et de promouvoir l’intérêt général.

À partir de ce sens qui est d’adapter la Lorraine et les Lorrains à la compétition, il y a des cibles, des cibles qui concernent les outils, qui permettent à la Région de transformer en actions, en richesses, en emplois, les évolutions technologiques, scientifiques, sociologiques, culturelles qui traversent notre pays comme le monde dans son ensemble.

Je ne rappelle pas les politiques d’innovation, de recherche, du FRIL, des technologies, des intermédiaires technologiques, des pôles de compétitivité, des clusters, de l’enseignement supérieur. Dans tous ces domaines, nous agissons, nous sommes acteurs parmi d’autres, mais nous tenons notre place.

Je rappelle toute la chaîne des actions que nous avons mises en œuvre au bénéfice des PME, PMI, de l’artisanat, de l’agriculture, où un effort, notamment, est mis en œuvre sur les bâtiments, les mises aux normes des bâtiments.

Le souci permanent d’adapter les formations, ce qui est un grand sujet de préoccupations, mais nécessité d’adapter en permanence, d’être réactifs dans le domaine des formations pour coller au plus près des intérêts économiques qui débouchent sur de l’emploi, donc sur du travail et de la rémunération.

Et puis la vie quotidienne, le pouvoir d’achat, parce que nous agissons, nous, et nous avons agi en direction du pouvoir d’achat concret des Lorraines et des Lorrains, avec les sommes versées au moment des entrées scolaires en direction des élèves des lycées, des centres d’apprentissage. C’est du pouvoir d’achat.

Quand on baisse la tarification du TER, c’est du pouvoir d’achat.

Quand on développe la politique en faveur des renouvellements d’énergies, qu’on aide à l’installation de chauffe-eau solaires et autres installations, c’est du pouvoir d’achat qui est effectivement distribué par nous, de telle sorte qu’à la fois nous soutenions la vie quotidienne, mais également nous participions à l’action économique.

En 2008, des mesures nouvelles, j’insiste, c’est surtout une continuité dans le document, vous l’avez relevé, on poursuit des politiques, il n’y a pas de raison en effet de s’arrêter, sauf si on considère qu’elles ne sont pas forcément favorables et qu’elles n’ont pas d’efficacité.

Des exemples : le déploiement de la carte multimodale Simplicité sur le bassin de Nancy, le (Prisme ?) que nous arrêtons, mais que nous remplaçons par l’espace numérique de travail qui prend la suite de Prisme et d’ici 2010, 400 000 Lorrains à travers la communauté des lycéens, des parents de ces lycéens, des apprentis, des personnels des lycées auront à leur disposition, grâce au travail de cette maison, grâce à la technologie et grâce aussi à la Direction de la Formation Éducation, un espace numérique de travail qui aura la même efficacité que le Prisme et qui coûtera quatre à cinq fois moins cher.

Il était nécessaire, effectivement, de faire cette transformation du Prisme vers un outil autant performant et moins cher.

Il y a la poursuite, naturellement, de tout ce qui portera sur la formation, le village de la formation, les métiers de demain.

Nous irons dans les arrondissements à la rencontre des citoyens, de nos concitoyens, pour leur faire toucher du doigt les nécessaires évolutions dans les domaines de la formation, des métiers, de la connaissance, de telle sorte qu’ils n’aient pas peur du lendemain, qu’ils aient confiance.

Il y a un site internet de référence dédié à l’enseignement supérieur, c’était un engagement, où nous ferons connaître l’action des chercheurs, des universitaires lorrains publics et privés.

Il faut que les universités participent à la réalisation et à l’information de ce site. Je me tourne notamment vers nos représentants qui ont des attaches avec l’Université Henri Poincaré, elle doit nous fournir ces éléments.

C’est assez incompréhensible qu’on nous dise " on a déjà notre site ". Certes, mais c’est complémentaire. Il s’agit de mettre en valeur l’innovation en Lorraine.

La nouvelle politique territoriale, cette politique de proximité et de vie quotidienne qui porte sur des implantations, de soutien à l’implantation dans les zones rurales parce qu’il faut faire un effort d’équilibre dans les territoires.

Lorsqu’on aide du commerce de proximité, de l’artisanat de proximité, de la petite entreprise de proximité, quand on aide la rénovation et la transformation des bâtiments à usage d’habitation, on développe l’habitat.

Si on aide le développement des services à la personne, notamment dans le périscolaire, cantine scolaire, les crèches, haltes-garderies, c’est pour permettre notamment aux femmes qui vivent dans ces espaces ruraux de mieux assumer leurs responsabilités et parfois d’occuper aussi un travail.

C’est vraiment la vie quotidienne que nous prenons en compte dans cette politique.

Il y a le prêt à taux zéro, financement, isolation, il y a la Maison Régionale des Sports, il y a Chambley qui continue, selon les informations que nous avons déjà données, l’aménagement du site de Chambley se poursuit, se poursuivra.

Il faut savoir que sur le plan des procédures juridiques, nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler, des appels à projets seront déposés.

Je sais aussi que le Conseil Général de la Meuse développe des appels à projets concernant Madine.

Je rappelle ce que nous avons toujours dit ici, je rappelle combien ce serait préférable d’avoir un regard partagé sur la valorisation des sites de Chambley et Madine.

Je suis prêt à rappeler tout cela. Les appels à projets portés par les uns et par les autres, je souhaite qu’ils ouvrent une perspective partagée. Cela me paraît absolument nécessaire.

Je crois que l’intérêt général le commente et nous sommes là pour faire prévaloir cet intérêt général bien compris au-delà de tout ce que nous pouvons vivre.

C’est notre responsabilité que de le faire.

Donc une plateforme numérique de service en direction des PME-PMI ; Vandières, cela continue. Vandières continue, les procédures se poursuivent. Nous avons pris un peu de retard à raison d’une étude technique sollicitée par l’État concernant la loi sur l’eau.

Cela nous met un retard à peu près de deux à trois mois dans la procédure de DUP, mais tout cela continue.

Je rappelle combien, pour la Lorraine dans son ensemble, la réalisation de la gare de Vandières est essentielle. Vandières continue donc.

L’aéroport, qui est souvent sujet à discussion : l’aéroport est nécessairement affecté par le développement du TGV, bien évidemment. Pour autant, le nombre de passagers reste à peu près stable ou a été maintenu malgré la suppression de la liaison avec Paris.

Il ne faut pas se satisfaire de cette situation. Je suis de ceux qui pensent que chacun doit faire le boulot pour lequel il est le plus compétent. La gestion de l’aéroport par la Chambre de Commerce par délégation de service public venue du Conseil Régional ne réalise pas probablement la meilleure efficacité.

Je suggère une évolution de cette situation juridique. Je suggère un partenariat privé/public et laisse à des professionnels le soin de gérer un équipement de ce type pour lui donner le maximum d’ampleur, d’efficacité au service de l’économie lorraine, au service également des Lorrains.

Je pense notamment aux compagnies de low-costs. Le low-cost, dès lors que les questions de sécurité sont assurées, est un moyen de transport qui est plus accessible aux revenus moyens ou modestes.

Il ne faut pas non plus faire l’impasse sur cette réalité, chacun a la possibilité de se déplacer par avion. Il faut donc faire l’évolution.

Il est question aussi, nous le voyons souvent dans les discussions, du volet routier du Contrat de Plan Etat-Région. Je rappelle ici un engagement pris, que nous voulons voir se conclure, se terminer, s’achever, le volet routier du CPER 2000-2006.

Nous sommes prêts à dépasser les années 2010 ou 2011 si nécessaire et nous sommes prêts à prendre notre quote-part de frais supplémentaires occasionnés par le report de réalisation de ces investissements. Au-delà, je trouve que nous devons réfléchir avant de décider de poursuivre des opérations pour lesquelles nous ne sommes pas engagés aujourd’hui.

Nous sommes quand même dans un champ de responsabilité de l’État, puisque l’État a conservé un volet routier national, les départements ont reçu des voies nationales déclassées.

Il n’est pas dans notre responsabilité première de financer ces opérations. Nous n’ignorons pas le rôle que peuvent jouer des réseaux routiers dans l’action économique, mais chacun doit assumer, à mon avis, sa vraie responsabilité.

2008, c’est important aussi pour la gestion des fonds européens, pour la gestion des programmes opérationnels du FEDER et du FSE ou l’INTERREG IV. Ce sont des sommes considérables qui sont mobilisées au service notamment de l’innovation, du transport. Il faudra que l’on partage des vues avec l’autorité préfectorale.

La coopération frontalière va nous occuper nécessairement en 2008. Pour Belval, j’espère qu’il y aura une évolution. Le rapport du Préfet Lemaire, finalement, semble (puisque ce sont des fuites qui circulent) réhabiliter ce que nous avions demandé il y a à peu près deux ans et demi, c'est-à-dire de passer par une opération d’intérêt national qui engage effectivement l’État puisque la question de la gouvernance sombre dans des querelles locales.

C’est vrai qu’aujourd’hui, par exemple, les élus du secteur d’Audun-le-Tiche, Villerupt, etc., ont barré les routes d’accès au Grand Duché pour dire " vous voyez, nous sommes en difficultés, beaucoup de véhicules traversent nos voies communales et cela nous pose des nuisances ". C’est absolument vrai.

Il faut donc qu’on sorte collectivement dans le projet global de Belval, qu’on ne saucissonne pas la route par rapport à autre chose. C’est un projet économique global qu’il nous faut porter et partager avec l’État.

Sur Moselle Est, c’est vrai que la coopération transfrontalière existe, mais ce qui a été cité récemment ou dans le contrat de métropolisation n’avance pas beaucoup, je trouve. Nous verrons les progrès réalisés par Center Parcs, c'est-à-dire l’installation de cet équipement ludique, touristique en Moselle, à la frontière de la Meurthe-et-Moselle, touchant le bassin de Sarrebourg et le bassin du Lunévillois.

Nous sommes partenaires, partenaire conséquent financièrement à ce projet. Je rappelle que puisque nous sommes partenaire à plus de 20 M€, que nous souhaitons que le nom de cet équipement fasse aussi référence à la Lorraine de façon à ce que nous puissions être identifiés comme lieu d’accueil. La Lorraine, c’est une région qui existe, à laquelle il faut donner de la vie.

Vous avez vu dans le budget 2008 également le financement d’un schéma de mobilité transfrontalier, c'est-à-dire dans notre relation principalement avec le Grand Duché de Luxembourg, avec trois regards : une vision assez vaste qui prend en compte la mobilité depuis les grands centres urbains, une vision plus typée Lorraine du Nord, disons de Thionville à Longwy dans cet espace, et un zoom un peu plus proche de la frontière elle-même, c'est-à-dire dans la zone Fontoy, Audun-le-Tiche, Villerupt.

Le TGV continuera, première phase ça marche, ça apporte des satisfactions, il y a des critiques, bien évidemment, des améliorations qu’on va apporter sur la desserte de Commercy.

Des problèmes subsistent dans la liaison province-province, c’est vrai, une fréquentation relativement modeste, mais il semblerait que le TGV première phase ait apporté un certain nombre de satisfactions, que ce soit dans l’économie meusienne par rapport à l’immobilier, que ce soit au tourisme, etc. Il faut donc être vigilants pour valoriser au mieux cette réalité.

Sur la deuxième phase, en tout cas, pour nous, il n’y a pas débat. J’ai signé, avec d’autres, un protocole d’accord en janvier 2007 au Ministère des Transports et de l’Équipement, accord selon lequel nous sommes engagés sur un pourcentage de participation au financement de la deuxième phase, au même niveau de pourcentage que celui représentant notre engagement au titre de la première phase.

La Lorraine, elle, tient absolument ses engagements et c’est la moindre des choses.

Le fret TGV, nous avons travaillé, mais ce fret TGV, les dossiers dorment.

Il y avait deux dossiers.

Le premier assurait un partenariat entre La Poste et la SNCF et le second était autour de l’aéroport de Paris et de Fedex. Ces deux structures, pour l’instant, ne font pas bouger ces dossiers, donc il faut qu’on regarde un peu plus.

La plateforme multimodale, c’est en cours. Le dossier foncier est entre les mains de l’Établissement Public Foncier (EPFL). C’est un dossier qui a été relancé au cours de l’année 2007. Après, il y aura naturellement le choix du site qui se posera puisqu’il faut conjuguer l’ensemble des moyens de transport.

Je voudrais indiquer aussi (je l’évoquais en introduction) qu’un protocole d’accord avec les organisations syndicales concernant l’intégration des agents de l’Éducation Nationale, autrefois TOS aujourd’hui ATE, dans l’administration du Conseil Régional, un dossier vous a est soumis pour vote.

Je voudrais juste indiquer que cela a demandé pas mal de négociations, bien évidemment, mais que toutes les organisations syndicales ont signé le protocole, toutes sans exception.

C’était nécessaire parce que ces personnels… Là encore, nous sommes dans le pouvoir d’achat, dans le fond… Ces personnels étaient rémunérés à des niveaux très bas.

En intégrant la collectivité territoriale, ils ont le droit à prétendre à un système indemnitaire. Ce système indemnitaire ne sera pas compensé par l’État puisque l’État ne donnait pas de régime indemnitaire à ces personnels. Nous le faisons.

Nous le faisons à la fois par respect du travail de ces personnes, par équité au regard de leur nouveau statut et ça leur permettra de disposer d’un peu plus de ressources, même modestes, et ça leur permettra d’améliorer le pouvoir d’achat.

Donc, en ce qui nous concerne, nous sommes acteurs du pouvoir d’achat, nous tenons même peut-être des engagements pris ailleurs.

Les inquiétudes sont grandes.

Nous n’allons pas refaire le débat sur la décentralisation, plus exactement le transfert de compétences, la question de la baisse de 15 Md€ de recettes, volonté de l’État, politique nationale, mais qui impactera nécessairement les relations budgétaires et financières avec les collectivités territoriales et avec la Région.

Le bouclier fiscal TP qui nous fait payer une part importante des dégrèvements accordés aux redevables de TP, 14 M€ pour nous, c’est considérable. Les transferts de compétences pèsent lourdement, bien évidemment, sur les moyens d’actions. La notion de compensation intégrale des transferts de compétences… Depuis 2004, j’observe une politique systématique et scientifique, je dirais presque, qui organise les transferts.

C’est un travail scientifique qui est organisé de la part des Gouvernements depuis 2004 à l’endroit des collectivités territoriales. Cela ne va pas durer, ça ne peut pas marcher.

Comme disait Alain Lambert, le Président de la commission qui s’est penchée sur cette situation, il reconnaît que l’État est en faillite. Mot du Premier Ministre, l’astuce consiste à transférer la faillite de l’État vers les collectivités territoriales et de les mettre en faillite elles-mêmes dans quelque temps.

En réalité, c’est un combat politique, je vous l’indique très clairement. C’est de la politique. Vous pouvez qualifier cela autrement.

En réalité, pour dire des mots crus, des mots simples et des mots vifs, le Gouvernement veut la peau des majorités de gauche dans les Régions.

C’est aussi simple que ça. Parmi les outils et les instruments utilisés, il y a bien évidemment la politique fiscale. Si vous me démontrez le contraire, j’accepte. Je ne vous dis pas ce qu’a dit le Président de la République les yeux dans les yeux à Alain Leverne, Président de la Haute-Normandie, parce que cela vous ferait frémir.

Ce n’est pas à moi de rappeler ce qui a été dit à un autre qu’à moi. Ce sont des mots qui m’ont été rappelés. S’il vous plaît, c’est bien une action politique qui est menée contre les majorités de gauche.

Il faut être aveugle pour ne pas voir cela. Que vous ne soyez pas d’accord, je le comprends, puisque vous participez à la manœuvre, mais au lieu de l’équité, nous avons l’arbitraire. Au lieu de la solidarité, nous avons l’injustice.

Au lieu du partenariat, nous avons la défausse.

Au lieu de la confiance, nous avons la défiance.

C’est ça, aujourd’hui.

Un bon exemple : la notion de service public minimum dans les transports ferroviaires. Cette loi, c’est du pipeau.

Le service minimum n’est pas dans la loi. Écoutez, pour qu’il y ait un service minimum, il faut qu’il y ait réquisition. Si vous n’avez pas réquisition, vous n’avez pas de service minimum. D’accord ? Il n’y a pas réquisition et heureusement qu’il n’y a pas réquisition parce que ce serait une atteinte au droit de grève.

Le Gouvernement qui s’est engagé de façon démagogique dans une campagne électorale en disant " je vais installer un service minimum dans les transports ", parce qu’on sait qu’en effet, les grèves dans les transports perturbent la vie quotidienne… " je vais installer un service minimum ", dans la loi, c’est faux, il n’y en a pas.

Et on dit " action en direction des régions, notamment, autorités organisatrices du transport, la Région doit fixer un service minimum ".

Écoutez, s’il y a grève, quelle est l’origine de la grève ? Un contentieux social entre un employeur et des salariés. Qui est l’employeur ? SNCF. Les salariés, agents de la SNCF. Vous voyez la Région, vous, dans la discussion ? Vous voyez la Région dans cette discussion-là entre l’employeur public et ses salariés ? Et nous allons fixer, nous, un service minimum ? En vertu de quoi ? En vertu de quoi et pour quel effet ? En fait, il n’y a pas de service minimum dans la loi, c’est une supercherie, c’est un truc complètement virtuel.

C’est de l’esbroufe, c’est de la poudre aux yeux pour faire supporter effectivement aux collectivités organisatrices de transports les difficultés que rencontreront demain, le jour de la grève, les citoyens qui occupent le train.

Il faut quand même arrêter, à un moment donné, de prendre les gens pour des pigeons ou des imbéciles. Il faut dire les choses comme elles sont.

Nous disons, nous, à la SNCF " nous avons passé une convention avec vous, dans la situation normale, mais n’attendez pas de nous que nous fixions le pourcentage minimum d’agents ", parce que ce n’est pas dans le texte.

Chacun des agents se déterminera en son âme et conscience.

En plus, dans la loi, il est dit " les agents doivent se déclarer grévistes 48 heures avant la grève, sinon il y aura des sanctions ". L’effet pervers de cette mesure, c’est que tout le monde, ou le plus grand nombre, a intérêt à se déclarer gréviste pour se mettre à l’abri des sanctions s’il décide de faire grève au dernier moment.

Donc cela va encore rendre plus difficile, peut-être, la gestion de la SNCF. Le service minimum il est où si tous les roulants font grève ? Ce sont les guichetiers qui font tourner les trains ? En plus, il faut une qualification particulière pour rouler un train, n’importe quel agent ne peut pas rouler n’importe quel train.

C’est une supercherie et on veut nous faire porter les conséquences de cela. Alors, je dis non ! Ce que nous demandons à la SNCF, c’est une fois que la SNCF connaîtra les personnels qu’elle aura à sa disposition pour faire tourner les trains, c’est faire en sorte que le maximum de trains circule aux heures de pointe, c'est-à-dire pour se rendre au travail ou pour rentrer à la maison.

On ne compte pas sur moi non plus pour choisir les lignes sur lesquelles doivent rouler les trains. Ce n’est pas mon boulot.

Tous les Lorrains ont le droit de circuler. Tous ! Il appartiendra à la SNCF, en fonction des personnels que la SNCF aura à sa disposition, de faire le maximum.

Nous exigeons de l’information en direction des usagers. C’est normal. Donc, voilà la position.

Je ne fixerai pas, au nom du Conseil Régional… ce n’est pas une défausse, là, parce que je n’ai pas les moyens d’intervenir.

Finalement, l’État qui a donné à la SNCF les moyens d’un vrai dialogue social. Je vous signale que toutes les perturbations SNCF, 2 % de ces perturbations résultent de conflits sociaux. 98 % des ennuis connus par les personnes transportées et les voyageurs ne résultent pas d’un conflit social, mais d’ennuis techniques, divers, etc.

Il faut s’occuper de tous, mais je ne suis pas, moi, tutelle de la SNCF. Je ne peux pas donner de l’argent à la SNCF pour un meilleur dialogue social et je ne peux pas interdire à des hommes et à des femmes de faire grève s’ils ont envie de faire grève.

C’est aussi simple que cela.

J’aurais aimé parler aussi de l’ambition 2015-2020, parce que cette question est quand même très forte pour l’avenir, très lourde. C’est ce constat, ce débat éternel de la séparation entre la Lorraine du Nord et la Lorraine du Sud qui pénalise objectivement la capacité de la Lorraine à prendre toute sa place dans la compétition européenne ou mondiale.

On sent bien aujourd’hui que la densité urbaine génère des activités, de l’attractivité, etc., et que le fait qu’on ait, le long finalement de la RN3 et le long de la RN4 au Nord et au Sud, deux pôles, mais qui ne sont pas de dimension européenne nous pose une difficulté d’efficacité, de lisibilité et d’attractivité.

Qu’est-ce que nous pouvons faire aujourd’hui pour remédier à cela ? C’est un sujet ancien. Moi je trouve qu’il y a un paradoxe qui peut être utilisé, c’est ce paradoxe entre une baisse de la démographie qui frappe la Grande Région, l’Allemagne, le Grand Duché et à un degré moindre nous et le fait que le Grand Duché dise " demain, nous aurons besoin de davantage d’emplois ".

Cela ne veut pas dire qu’on lie son sort au seul Grand Duché, ça veut dire qu’on prend acte d’une réalité économique du moment pour en tirer le maximum d’avantages et de bénéfices pour la Lorraine.

C’est ça que ça signifie.

Donc, il faut se donner les moyens d’impliquer dans notre réflexion le Luxembourg lui-même. Il faut partager les analyses et les projets, sinon à mon avis on restera comme sur Belval dans une démarche un peu supplétive.

Il ne faut pas qu’on s’inscrive dans une démarche supplétive. Le développement endogène viendra effectivement de la densité que nous serons capables de donner au pilier central reliant les deux blocs du Sud et du Nord.

Moi je trouve que c’est un enjeu qu’on peut relever, un paradoxe qui, comme au judo, peut être utilisé à notre avantage. En tout cas, moi je le mets sur la table.

C’est pour ça que j’ai contesté le réseau de villes qui n’est pas à la hauteur de ce défi. Il ne suffit pas de dire qu’on va relier plus facilement Metz et Nancy, ce n’est pas à hauteur du débat politique. Cette question-là va poser en effet les questions suivantes : d’où viendront ces salariés ? Quels seront leur niveau de qualification et besoins de qualification ? Quel type d’habitat ? Où habiteront-ils ? Par conséquent, des questions de mobilité et questions de transports, en effet.

La Lorraine peut jouer dans ce paradoxe Nancy Metz de façon complémentaire en direction du Nord Lorrain. Sinon, c’est le Sud Lorrain qui va connaître des difficultés.

Metz a intérêt à se trouver plutôt au centre du dispositif qu’à la pointe Sud.

Nancy doit apporter tout son savoir-faire universitaire, scientifique des laboratoires au bénéfice du développement bien compris de la Grande Région.

C’est ça, le débat que j’ai souhaité poser.

Quand j’ai parlé de RER ou de TER en site propre, en tout cas pour moi, cela n’a jamais signifié de passer là où les gens ne sont pas installés.

C’est un débat qui est sur la table. Je souhaite que l’on puisse en débattre. Je solliciterai, bien évidemment, sur cette thématique-là, le Conseil Economique et Social qui doit être notre partenaire privilégié, mais également l’ensemble des agents économiques, universitaires, parce que je crois que c’est nécessaire.

Je donne rendez-vous à Monsieur Le Déaut aux mois de mai et juin prochains à l’abbaye de Pont-à-Mousson pour que le travail préparatoire qui aura été mené puisse exposer, à mon avis, ces enjeux et la démarche que chaque acteur veut suivre dans sa responsabilité propre, mais dans l’intérêt collectif, pour réaliser ce projet qui est quand même de faire vivre la Lorraine dans son ensemble et non pas de façon fractionnée.

J’ai été très long ce matin, plus long sans doute que prévu et que je ne l’aurais souhaité, mais c’était ce que j’avais envie de dire.