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La formation des enseignants et le devenir de l’IUFM de Bar le Duc - DA - 17/12/2009

Diana ANDRE, au nom du Groupe des Elus de Gauche - Séance Plénière du 17 décembre 2009

Vœu d’urgence

La formation des enseignants et le devenir de l’IUFM de Bar le Duc

La réforme que l’on voit arriver à grands pas de la formations des enseignants laisse planer un grand doute et une grande inquiétude et sur le futur de l’éducation et sur l’avenir de l’IUFM de Bar le Duc.

En effet, quels sont les principaux éléments de cette réforme ?

Pour des prétendants au métier d’enseignants, il y a désormais nécessité de décrocher un Master 1 au terme de quatre années d’études dans un domaine universitaire très spécialisé. Pas de formation sur la psychologie des apprentissages, les systèmes scolaires, la logique de progression des savoirs des programmes d’enseignements ni de contacts avec les classes et les élèves avant d’arriver à ce master 1.

Ensuite, en master 2 (sur la voie du doctorat normalement pour enseigner en université et faire de la recherche !) ils devront à la fois :
- Préparer l’obtention de leur Master 2 avec un mémoire conséquent à rédiger, pour leur ouvrir la voie de la recherche s’ils échouent in fine au concours d’enseignant
- Préparer la 2ème partie de ce même concours d’enseignant s’ils ont eu la 1ère partie d’admissibilité
- Aller voir sur le terrain de leur futur métier s’ils le veulent, ce ne sera a priori même pas obligatoire

Les étudiants de master 2 devront donc courir quatre lièvres à la fois :
- préparer des concours de l’enseignement hyper sélectifs,
- mener une recherche débouchant sur un mémoire,
- préparer un master disciplinaire qui, explicitement, ne prépare pas aux concours de l’enseignement
- et se former professionnellement au cours en faisant des stages.

La réforme en question anéantit la formation pratique en éliminant l’année de formation dans les classes : les futurs enseignants et leurs élèves sont ainsi sacrifiés sur l’autel des "gains de productivité".

Elle transforme la cinquième et dernière année d’étude en un parcours du combattant : les candidats aux concours devront suivre des cours et séminaires, effectuer un ou deux stages, mener une recherche originale débouchant sur la rédaction d’un mémoire, enfin préparer et passer dans le même temps un, deux, trois, voire quatre concours !

Maintenir les étudiants le plus longtemps possible à l’université, quasiment plus de possibilités de stages, donc plus de stagiaires, plus de possibilités aux enseignants de terrain de bénéficier de formation continue…

N’oublions pas l’économie substantielle réalisée au passage par la suppression de la rémunération actuelle en deuxième année de formation professionnelle, ce qui est manifestement le nerf de la guerre !

Et que devient l’IUFM dans cette réforme, en particulier, les antennes situées dans les départements périphériques des grands centres universitaires, par exemple celle de Bar le Duc, menacée par ce délitement programmé de la formation professionnelle ?

Monsieur le Président, l’avenir de l’antenne meusienne de l’IUFM de Bar le Duc ainsi que son existence même, corollaire incontournable d’une formation solide, sont menacés.

Et n’oublions pas par là-même la pérennité de l’antenne universitaire du CESS qui nous inquiète de la même façon.

Monsieur le Président, pour que des étudiants puissent continuer à étudier en Meuse et avoir envie d’y exercer leur profession, nous souhaitons que l’UHP soit interpelé pour nous apporter des assurances sur le maintien de l’antenne de Bar le Duc de l’IUFM de Lorraine.


Réponse en séance
M. Le PRÉSIDENT : Je soumets l’urgence de ce voeu à votre appréciation…
Le voeu est déclaré d’urgence.
La parole est à Mme BECQ-VINCI.

Mme BECQ-VINCI : Je suis d’accord et vous remercie de soutenir l’antenne de l’IUFM à Bar-le-Duc. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu votre voeu pour le faire.
Une remarque préalable : tout le monde s’accorde à dire qu’il fallait une réforme et que la « mastérisation » est faite pour que les étudiants français aient le même statut que les autres étudiants européens. Elle vise également que les étudiants qui échouent à l’IUFM ne sortent pas de l’université sans diplôme universitaire.
En juillet dernier, j’avais émis un voeu pour que l’Assemblée saisisse les Ministres Valérie PECRESSE et Luc CHATEL, ce qui fut fait par le Président.

M. Le PRÉSIDENT : M. SALZIGER aussi avait présenté un voeu à la même période. Il faut le dire.

Mme BECQ-VINCI : C’est bien. J’ai moi-même saisi le Ministre ainsi que M. BOURG-BROC, le Président de la Fédération des villes moyennes en lui rappelant que les antennes représentent trente pour cent des étudiants des IUFM en France. Il mène les mêmes démarches que nous. J’ai évidemment interpellé nos parlementaires meusiens qui interviennent également dans ce sens.
Je ne me contente pas de critiquer ; j’ai avancé des propositions, notamment celle d’un master généraliste pour les futurs enseignants du premier degré avec une spécificité « Environnement et développement durable » qui est compatible avec le site de Bar-le-Duc alors que les masters spécialisés ne le seraient pas.
Mme PECRESSE, dans un article récent du journal Le Monde, présente des propositions de masters généralistes.
Enfin, l’an dernier nous avions interpellé le Directeur BARANGER qui avait annoncé des dispositions pour maintenir les effectifs et donc la pérennité du site de Bar-le-Duc. Force est de constater qu’il n’en a rien fait ; lors du conseil d’école de l’IUFM du 4 décembre à Nancy, je le lui ai rappelé.
À l’occasion de ce conseil, nous avons évoqué le devenir des antennes. Seul le site de Longwy serait menacé, les antennes d’Épinal, de Sarreguemines et de Bar-le-Duc ne le seraient pas. J’emploie le conditionnel. Quelles que soient les réponses rassurantes des ministres – comme l’est celle de Luc CHATEL : « Les centres départementaux des IUFM ne disparaissent pas, les universités intégratrices continueront de les gérer dans le cadre d’une politique académique du site » – néanmoins, c’est désormais le Président de l’Université qui en décidera, puisque cette dernière est devenue autonome.
C’est pourquoi, avec le Président NAMY, nous avons pris rendez-vous début janvier avec M. FINANCE, le Président de l’Université de Nancy I, et avec M. BARANGER, afin que soit abordé et défendu le maintien de l’antenne meusienne de l’IUFM. Nous entendons nous rendre à cette réunion avec des arguments.

M. Le PRÉSIDENT : La parole est à M. SALZIGER.

M. SALZIGER : Merci, monsieur le Président, d’avoir rappelé que j’avais déjà déposé des voeux en ce sens.
Voilà deux jours, s’est tenue une manifestation nationale des étudiants d’IUFM auxquels se sont joints des enseignants. M. BARANGER, Directeur de l’IUFM, qui vient d’être cité par Mme la Vice-présidente, faisait partie des manifestants, ce qui laisse entendre la gravité de la situation, notamment en matière de formation professionnelle, ce qui nous concerne au premier chef, puisque le dispositif de formation pratique se trouve plus ou moins cassé.
Nous avons moins besoin d’établissements excentrés à l’université, c’est-à-dire de centres départementaux comme le nôtre. La situation est donc sérieuse quoi qu’en dise Mme la Vice-présidente chargée du scolaire.

M. Le PRÉSIDENT : Mme BECQ-VINCI n’a pas dit le contraire. C’est une préoccupation pour le département et je suis moi-même très inquiet d’une situation où ce ne seront plus les ministres qui décideront, mais les présidents d’université. Quand on connaît les difficultés des universités sur le plan financier, on peut craindre qu’ils cherchent à tout rapatrier dans leur université.
Nous verrons bien ce qui se passera à l’occasion de notre entretien du début janvier, mais ma crainte est forte.

Mme BECQ-VINCI : L’université de Nancy est très satisfaite des financements qu’on lui verse.
M. BARANGER pratique un double langage. Il nous a annoncé l’an dernier qu’il allait favoriser des dispositifs pour attirer des étudiants ; il n’en a rien fait. Il y a un nombre considérable de groupes qui ont été augmentés sur le site de Maxéville alors qu’il n’y avait plus de place. Pour le site de Longwy qui se trouve menacé, M. BARANGER est favorable à sa fermeture ; M. FINANCE, le Président de l’Université est contre. M. BARANGER pratique donc un double langage et peut aller manifester avec les étudiants !

M. Le PRÉSIDENT : Je vous remercie.



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